Le SIRTOMM
NOS METIERS
Ripeur

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LES TRAVAILLEURS DE L'AUBE


On ne les voit que très rarement. On les ignore volontiers. Pourtant, tous les jours et par tous les temps, ce sont eux qui parcourent nos rues et nos villages pour ramasser nos ordures. Pour la quinzaine de ripeurs que compte le SIRTOM de Maurienne, la journée commence à cinq heures du matin. Après avoir enfilé les vêtements de sécurité, les équipes se forment. Un chauffeur et deux agents de collecte montent alors dans un camion-benne. C’est parti pour 7 heures de labeur.

Il faut le dire clairement, devenir éboueur est rarement une vocation : «Pour ma part je suis issu d’une école hôtelière, témoigne Christian Sella, employé au SIRTOMM depuis 2002. Je n’ai jamais eu de métier bien défini en tête, de fait j’ai travaillé dès 17 ans dans plein de domaines : travaux publics, surveillance, logistique, manutention… ». Christian avoue n’avoir jamais eu aucun à priori sur le métier de ripeur et lorsque l’occasion s’est présentée de travailler au SIRTOMM, il n’a pas hésité : « J’avais envie de me stabiliser et je voulais montrer que j’étais capable d’y arriver. J’ai vite appris et vite assimilé le métier, les premiers gestes et automatismes».

Les premiers gestes

Il faut savoir faire fonctionner tout l’arrière d’un camion-benne : le lève-conteneur, la trémie, la pelle, la plaque « et aussi savoir se mettre en sécurité », précise Christian. Car le métier comporte des risques : de chute bien sûr, de collision avec un véhicule, mais aussi des risques liés aux comportement des usagers. « En plus des conditions de travail difficiles (froid, neige, pluie, chaleur, odeurs), notre métier est une longue suite de rendez-vous avec l’incivilité, déplore Christian. Des poubelles qui débordent, des bidons d’huile de 10 litres à moitié pleins, des sacs plastiques éventrés par des animaux et des détritus posés à même le sol, de la suie jetée directement dans les bacs roulants : la liste est longue ! Et celle des risques d’accidents l’est aussi : glissades à proximité de bidons d’huile, coupures avec du verre dépassant des sacs, voire de seringues : « Un jour, j’ai du récupérer à la main un sac poubelle laissé à même le sol . Résultat : je me suis fait piquer par une seringue qui dépassait du sac. Cela fait deux ans que je fais des prises de sang pour vérifier que la seringue en question n’était pas contaminée par une hépatite ou le VIH».

Triste réalité quotidienne pour les ripeurs.

Au final, du temps perdu et bien souvent, une certaine colère contenue, voir de la lassitude : « Ce sont pourtant des choses simples à comprendre. C’est une question de bon sens et de respect, non ? ». Respect, le mot est lâché. Car il ne faut pas oublier que derrière ce geste en apparence anodin de mettre un sac poubelle dans un conteneur, c’est toute une structure composée d’hommes et de femmes qui œuvrent pour le ramassage puis le traitement de ces déchets : 28 000 tonnes de déchets collectés en 2007 rien qu’en Maurienne. La même année, l’ensemble de la population française aura ainsi produit 650 millions de tonnes de déchets, soit l’équivalent du volume du Mont Blanc. Mais l’urgente nécessité de réduire notre production de déchets dus à notre consommation effrénée est un autre débat.

Un dernier mot pour la route ?

« S’il n’y avait pas d’agents de collecte, et toute l’organisation autour pour débarrasser régulièrement toutes les ordures ménagères, notre qualité de vie en serait affectée. Voyez ce qu'il s'est passé à Naples. Je pense juste que nous méritons un peu plus de considération ».


 

AU DELA DES MOTS ...





Auparavant, on les nommait « éboueurs »… A  l’origine, l’éboueur était employé pour enlever la boue des rues et des chemins. Puis, le métier évoluant, on les a appelé « ripeurs », du verbe riper (glisser sur le côté, déraper) en référence aux bacs roulants qu’il faut faire glisser jusqu’au camion-benne. Côté administration, on les nomme «agents de collecte ou de salubrité », un terme faisant référence au cœur de leur métier : la propreté !




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